27.06.2008
Olufemi Sanyaolu

C'est le vrai nom, figurez-vous, de Keziah Jones que je suis allée écouter mercredi soir au Campo Santo. Précédé par The Lucky Peterson Band, star un peu trop consensuelle du blues, il m'a transportée, malgré la piqûre d'abeille survenue moins d'une heure avant le concert, et la hantise de retrouver encore la voiture à la fourrière (eh oui, j'ai pris le risque, on naît inconsciente ou on ne l'est pas !).
Olefumi donc, coiffé d'une sorte de Chapka et habillé d'un ensemble à cibles bien placées, a fini par emprunter une cigarette au public et se mettre torse nu... Un seul regret, un focus quasi exclusif sur les chansons de son tout dernier album que je ne connais pas encore, mais c'est un bien faible reproche par rapport à la qualité de la soirée.
Et ce soir, au programme : Manu Katché et Thomas Dutronc !
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26.06.2008
Mélusine ?
Hier matin, Aliénor a été invitée à l'anniversaire d'un copain. Il s'agissait de confectionner un blason fantaisie grâce aux bonnes dames de la Maison de Jeanne d'Arc... Le choix de ma grande a-t-il été prémonitoire ? En fin d'après-midi, malgré une journée plutôt éprouvante pour les filles (cf ci-dessous), elle réalisa un exploit vivement attendu... mais je n'avais pas mon appareil photo ! La preuve un autre jour !
14:12 Publié dans Aliénor, Shopping, Sport | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
25.06.2008
140 emplois protégés, partis en fumée…

Hier, 13h30, Solène couchée tôt pour cause d’Aliénor à l’école, je souffle enfin de la matinée abracadabrantesque que je raconte dans le post d’hier… J’entends distraitement des bruits de travaux dans la rue de derrière, inhabituels.
Soudain, un TOC ! violent contre la vitre du salon. Un homme se tourne, je ne vois pas qui c’est. Je vais ouvrir, étonnée, habituellement on sonne ou frappe à la porte. C’est le directeur du centre aéré, hagard et en sueur : « sortez vite avec Solène, il y a le feu ! ». Je ne réalise pas. J’hésite, je fais des allers-retours entre la chambre où Solène dort à poings fermés, lui choisis des chaussures faciles à enfiler, hésite à prendre mon sac. Il s’impatiente, part vers une autre maison. Finalement il m’aura fallu plus d'une minute pour sortir, Solène hébétée dans les bras et son précieux passeport dans mon sac (le seul document que je sais ne pas pouvoir refaire facilement). C’aurait été trop si le feu avait été plus près…
C’est l’imprimerie-CAT voisine, dont les bâtiments ont plus de 150 ans, qui brûle. Je n’ose penser aux 140 employés handicapés, dont beaucoup peu mobiles…
Dans la rue, deux Atsem de l’école sont là, avec mes petites voisines de un et deux ans dans les bras. Le directeur du centre nous propose de nous mettre à l’abri dans les bureux de sa structure, une centaine de mètres plus loin. Dès la mère arrivée, les Atsem retournent à l’école. Elles sont venues de leur propre initiative, sachant la maman seule avec deux petites à la sieste.
Le feu prend de l’ampleur. Déjà plus de 10 minutes que les pompiers sont prévenus, peut-être 15. Les flammes sont hautes et les pompiers n’arrivent que maintenant. La brigade de ma ville est petite et constituée d’une majorité de volontaires, je crois. Quel poids peut-elle avoir face à un incendie industriel de cette ampleur ? Il faut les pompiers de toute l’agglomération, et vite. Le temps nous parait long jusqu’à leur arrivée…
Les flammes restent hautes longtemps, la colonne de fumée noire grimpe très haut dans le ciel. Solène n’est pas impressionnée et veut « voir le feu ». J’espère que ma grande peureuse est bien rassurée par ses enseignants à l’école… La mère des deux petites filles décompense après avoir eu très peur et se sent mal, une autre mère et sa petite fille arrivent aussi, d’une maison jouxtant l’imprimerie. Elle est au bord des larmes, pense que sa maison sera touchée.
Les petites jouent ensemble et ne boivent pas trop l’angoisse des adultes.
A côté, l’évacuation des salariés handicapés s’organise dans l’auditorium de musique, climatisé. Une musicienne qui devait accompagner une répétition de chant des élèves est restée pour jouer de la musique à ces personnes encore sous le choc. J’ai confié Solène, qui est très à l’aise, aux deux autres mères et me sens plus utile ici, bien que je ne puisse faire que peu de choses… tendre des verres d’eau, accompagner aux toilettes, tenter de consoler une dame qui a perdu son sac, ce qui lui représente une perte insurmontable (photos de famille, carnet sur lequel – illettrée – elle fait noter ses « week-ends » dans sa famille car elle vit en foyer). Les salariés, quel que soit leur handicap, se réconfortent les uns les autres, certains voient partir en fumée toute une vie de travail.
J’ai un coup au cœur en voyant une jeune femme fondre en larmes dans les bras de sa mère enfin arrivée, qui n’est autre qu’une ancienne collègue à la retraite qui s’est beaucoup donnée pour les autres…
Finalement tous les employés sont pris en charge par des professionnels, la plupart sont récupérés par leurs familles ou leur directeur de foyer, je m’éclipse pour rejoindre ma fille qui s’éclate dans l’espace jeune, où une monitrice de 14-18 ans s’est complètement adaptée aux quatre petites et leur fait passer un après-midi « trop chouette ».
En fin d’après-midi, nous faisons avec les deux filles un large détour à pied pour récupérer la voiture au garage, lui aussi tout proche de l’imprimerie. Solène est bien courageuse, qui a marché toute la matinée, et qui se tape encore 1/2h sous le cagnard… eh oui, c’est le seul jour sans pluie depuis un moment dirait-on.
Le soir, la fumée continue à monter et les pompiers veillent encore… Aliénor m’a demandé d’une petite voix ce soir « ça y est le feu est vraiment éteint ? »… je lui ai dit oui…
J’ai mal au cœur pour les gens qui viennent de perdre leurs locaux, leurs équipements, leur emploi, quand on connaît la difficulté d’obtenir un emploi dit « protégé ». Je pense à ce couple de voisins tous deux handicapés qui l’ont perdu et qui ont failli perdre aussi leur maison et leur fille. Que vont-ils devenir ?
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